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Quels textes ? Récits de vie et « situations génératives » - A. OUZOULIAS

 

 Quels textes ? 

Récits de vie et « situations génératives » 

Dans la classe, utilisation des deux registres de langue : langue orale et langue écrite. Il s’agit que les enfants acquièrent la langue orale puis la réélaborent pour la transférer enrichissent dans le champ de l’écrit. Cela est d’autant plus nécessaire que l’enfant est de milieu culturel éloigné de l’école. 

Les outils pour écrire: tous textes référents, connus, surlignés, balisés. 

Exemple d’activités 

Cahier de textes rédigés : entraînement ludique pour que les enfants repèrent les mots et groupes de mots (montre moi tel mot… Dis moi ce qui est écrit là….) 

Un petit cube bicolore dessus vert et dessous rouge. Au début côté du cube vert en haut. Quand l’enfant est bloqué pour écrire un mot, il tourne son cube du côté rouge pour signaler son besoin d’aide à la maîtresse. 

 

Quand le maître « donne » un mot à un enfant (il le co-construit avec lui, il est analysé, ex : bureau…..O,EAU,AU ?), il note au tableau le mot avec le prénom de l’enfant (valorisation de l’enfant, cela l’incite à demander des mots nouveaux). 

Permettre aux enfants d’énoncer des stratégies mnémo-techniques pour se rappeler l’orthographe des mots. Fabriquer une phrase contenant des mots avec le même graphème (Ex : au mois de mai, le maire va de sa maison à la mairie avec un bouquet mais c’est du maïs) 

 

Bibliographie : 

1) Mémo Ribambelle « mes outils pour écrire » CP 

2) Le carnet de mes mots GRAFICOR Ed CHENELIERE Suzanne Guillemette, Nicole Raymond 

3) « J’écris tout seul avec mes mots » PEMF 

4) Répertoire orthographique Chouette j’écris Cycle 2 PEMF 

5) Répertoire orthographique 5000 mots pour écrire et se corriger seul Cycle 3 et collège PEMF 

6) EUREKA dictionnaire orthographique pour écrire tout seul Dès 7 ans Jacques Ed DE BOECK DEMEYERE 10 000 mots 

7) Le Grand Eureka Dès 9 ans 30 000 mots 

 

1500 mots connus permettent de bien orthographier plus de 80% des mots en cycle 3 

Au cycle 2, privilégier deux sortes de textes, l’objectif principal est d’apprendre à lire (la rédaction est ici secondaire) 

Au cycle 3 il s’agira d’apprendre à rédiger. 

I. Le récit de vie 

 

Le récit de vie est le levier le plus puissant pour favoriser l’apprentissage de la lecture. D’emblée, le sens est là. C’est du sens vécu avec une forte affectivité et parfois engageant le corps. 

Il faut, tout d’abord, construire le récit à l’oral. L’adulte accompagne, 

(qui ? quoi ? où ? quand ? comment ? etc..) l’illustration peut aider. 

Ensuite, chercher comment transcrire les paroles de l’enfant. La situation d’écriture amène l’enfant à prendre conscience de toutes les unités pertinentes en lecture : lettres, phonèmes, graphèmes, syllabes … 

L’écriture d’un texte de vie est très intéressante du point de vue cognitif 

même s’il est pauvre culturellement. 

Il faut continuer de lire, en parallèle, des histoires pour construire un patrimoine culturel. Garder les albums pour travailler sur l’implicite, la compréhension pas sur l’écriture des mots. Le but n’est pas de comprendre le lien oral/écrit. 

Les récits de vie sont très exigeants pour l’animateur du groupe mais les apprentissages réalisés sont importants. 

70 mots représentent 50% de tous les mots de tous les textes 

250 mots représentent 66% de tous les mots de tous les textes (fin CP) 

750 mots représentent 75% de tous les mots de tous les textes 

1500 mots représentent 90% de tous les mots de tous les textes (fin CE1) 

Faire écrire permet d’évaluer où en sont les enfants dans la conceptualisation de l’écrit. 

II. « Les situations génératives » 

A partir de comptines (Une souris verte par exemple) 

 

L’enfant connaît par coeur la comptine. Des éléments sont rayés, les enfants savent qu’ils doivent remplacer certains éléments barrés. Construction d’une nouvelle comptine avec la même structure. 

Utilisation de glossaires des couleurs, des lieux, des liquides, les parties du corps, de l’animal… 

Importance que l’enfant réécrive le texte. Impression des textes sur l’ordinateur. 

A partir de l’album d’Elisabeth BRAMI Seuil Jeunesse « Les petits riens qui font du bien et qui ne coûtent rien » 

« Dans mon château » Alain Chiche Casterman 

 

 

Autoportrait : je m’appelle …., j’ai 6 ans, je suis un garçon, j’aime bien manger …., je n’aime pas manger…., j’aime bien les histoires…., je n’aime pas…, quand je serai grand je serai …., 

« Pour Noël, je voudrais…. » 

« Théo fait du judo, Yasmina fait du yoga…. » 

« Si j’étais un animal je serais …. parce que…. » 

« Si j’étais une fée ou un magicien …. » 

« Si je déménageais sur une île déserte…. » 

« La soupe de la sorcière, je mettrais… » 

« Maxou »,Nadja Ecole des loisirs 

Les crêpes, les ciseaux et autres albums de la collection histoires de mots chez PEMF 

« Chaussettes » Lynda Corazza Editions du Rouergue 

« La souris qui cherche un ami », Eric Carle, Editions Mijade 

Ouvrages de la collection « Sans parole » chez Autrement 

« Le livre des si, le livre des peut-être » Ghislaine Roman,Tom Schamp Milan Jeunesse 

Des situations décrites dans « Favoriser la réussite en lecture : les MACLE (Modules d’Approfondissement des Compétences en Lecture-Ecriture) Retz 2004, collection comment faire ? 

Ouvrage de Yak Rivais « Jeux de langage et d’écriture » Pratiques des jeux littéraires en classe Retz 

La poésie : Poème de Pierre Gamarra « Un corps pour… » 

Les boîtes mystères : mettre des fruits dans la boîte (1 ananas, 3 kiwis, 2 mangues…) écrire sur la boîte ce qui est contenu dans la boîte. Faire deviner ce qui est dans la boîte. Ensuite chaque enfant fabrique sa boîte mystère. 

 

On peut faire de même avec des noms d’animaux, des personnages de contes… 

Album « Aboie Georges » 

 

Une situation générative peut être un texte court, à structure forte, qui constitue un texte matrice. Il suffit de le re-paramétrer pour obtenir un « nouveau »texte. 

Quelle(s) écriture(s) 

La France est un rare pays dans lequel on apprend à écrire en cursive. Les autres pays utilisent la scripte. 

L’explication est culturelle : en 1833 création de l’école communale par Guisot, la corporation des maîtres écrivains (qui apprennent l’écriture à la plume d’oie sur parchemin) est dissoute, le maître écrivain a la possibilité de devenir maître des écoles communales. 

Les maîtres écrivains apportent leur savoir faire en écriture. La cursive est un dérivé de l’écriture anglaise. 

1850 : utilisation du papier de cellulose et des plumes en acier (Sergent major) 

Dans les autres pays, les enseignants modernes ont utilisé le crayon à papier qui s’adapte mieux à la scripte puis le stylo bille. 

Qu’en est-il de la cursive dans les apprentissages en lecture et écriture ? 

Elle apporte plus de difficultés en écriture. 

Dans les pays anglo- saxons on écrit en scripte en CP/CE1/CE2 et on découvre la cursive après. ¼ des pays sud américains utilisent la méthode française. 

Selon une étude d’Emilia Ferrero au Mexique certains états utilisent la cursive d’autres la scripte. 

Les enfants utilisant la scripte ont 4 à 6 mois d’avance dans la conceptualisation de l’écrit sur les enfants utilisant la cursive. 

La scripte met mieux en évidence l’écriture des graphèmes. La cursive fait moins apparaître les lettres et les graphèmes. 

Au Québec on a comparé les écoles traditionnelles utilisant la scripte et les écoles francophiles introduisant la cursive. 

Avantages de la cursive : 

On gagne du temps en vitesse d’écriture des lettres, on lève moins la main : le bon scripteur en cursive produit jusqu’à 1,5 fois plus de lettres qu’un bon scripteur en script. Pour les enfants en difficulté, il n’y a pas de gain de temps. 

Mémoire kinesthésique de l’orthographe des mots plus développée pour les utilisateurs de cursive que pour la scripte. 

Lorsque j’écris en cursive, je peux plus personnaliser mon écriture qu’en scripte. 

 

Les élèves écrivant en scripte sont avantagés pour les premiers apprentissages mais ensuite les enfants écrivant en cursive sont avantagés pour l’orthographe. 

La cursive est le bon choix à trois conditions : 

1ère condition : On ne peut pas la démarrer trop tôt. Sur le plan neurophysiologique il faut pouvoir contrôler la coordination de l’avant bras et le mouvement du poignet et de la main. C’est possible, vers 5 ans ½ 

 

 

(pour les filles 2 à 3 mois plus tôt et inversement pour les garçons). Au préalable, utilisation d’exercices de graphisme. 

 

Ne pas utiliser les lignes Seyès 

2ème condition cognitive : l’enfant doit savoir qu’il écrit des lettres. Souvent il ne sait pas quelle lettre il écrit. 

 

Comment résoudre le problème ? 

Les enfants doivent écrire en cursive des mots qu’ils connaissent et qu’ils savent épeler (prénom, jour de la semaine…) 

On pourrait choisir environ 20 mots pour développer l’apprentissage de 

la cursive .Ex sur PAPA : « p » « a » « p » « a » comment je les attache ? 

3ème condition pédagogique : pas de constructivisme, pas de tâtonnement. Au moment où les enfants entrent dans la cursive ils ne doivent pas inventer le dessin des lettres, l’enseignant ne leur permet pas d’écrire n’importe comment. C’est une activité normée. 

 

PS/MS : écriture en capitales, les capitales sont accentuées (accent sur les « é »…), grandes capitales et petites capitales, point sur les « i » et les « j ». 

Ecriture entre 2 grandes lignes avec dépassement de la ligne du haut pour les grandes capitales. Attention au sens des lettres « o ». 

Quand l’écriture est aisée en capitales, on pourra passer à la cursive. 

Construire le geste sur du grand format dans du sable par exemple, puis sur une ardoise, puis sur un cahier pré-Seyès 3 lignes. Exercices de calligraphie : écriture de lettres, de mots tous les jours. 

Des enfants introduiront d’emblée la cursive dans la production de textes. 

Ensuite suivent quatre phases dans l’apprentissage : 

1. Début GS : écriture en capitales 

 

Les élèves écrivent leurs brouillons en capitales (les références sont en capitales). Ils impriment leur texte de façon conventionnelle. Ils disposent d’un double alphabet (MAJ/min imprimées) près de l’écran ou sur la table. Pour chaque lettre, ils apprennent ainsi les 2 graphies des lettres. 

2. Mars GS à juin GS : ils apprennent la cursive (entraînement à la graphie des lettres). Mais ils écrivent encore leurs brouillons en capitales. Découpage de mots en syllabes sans reconnaître le phonème, utilisation de couleurs différentes. 

3. Juin GS à octobre CP : chacun à son rythme les élèves abandonnent les capitales et écrivent tout en cursive (ceux-là utilisent des références en scripte et un triple alphabet). Dans une tâche de copie différée, écrire le référent en scripte et demander aux enfants de le produire en cursive. 

 

L’enfant traite le mot en ayant conscience qu’il est composé de lettres. Ils impriment leur texte de façon conventionnelle. 

4. A partir de janvier CP : les référents peuvent être en cursive. 



22/09/2013

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